Se nourrir du regard bienfaisant de Dieu

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L’Évangile nous apporte un message libérateur : nous n’avons aucunement besoin de masque face à Dieu, car il nous connaît déjà, il nous comprend et nous accepte. L’amour de Dieu est bienveillant et créateur. Si Dieu voit et sait toutes choses, c’est toujours à la lumière de son amour infini, car Dieu est Amour (1 Jn 4,8).

Cet article s’inspire à titre particulier de l’ouvrage intitulé « Trouver Dieu en toutes choses – Pour que la vie trouve sa place dans la foi » (p. 9-20) de Pierre van Breemen, s.j., aux éditions du cerf / médiaspaul, 1995.


L’Évangile nous apprend que de nombreuses personnes furent touchées et transformées par le regard de Jésus.

Jésus de Nazareth« Celui qui me voit, voit Celui qui m’a envoyé » (Jn 12,45)

Le Christ a incarné le regard bienfaisant de Dieu. Il a incarné le regard de l’Amour créateur.

Comme le disait John Henri Newman dans une homélie datant du 5 avril 1835 à la paroisse universitaire anglicane de St. Mary the Virgin à Oxford, l’amour de Dieu à notre égard surpasse le nôtre. Il est bon de se nourrir de son regard créateur.

À la fin de son homélie, Henri Newman affirme :

Dieu te regarde, toi, tout personnellement, tel que tu es. Il t’appelle par ton nom. Il te voit, il te comprend, ne t’a-t-il pas façonné? Il sait ce qui se passe en toi, les pensées et les sentiments qui te sont propres, tes dispositions, tes goûts, ta force et ta faiblesse.

Il te voit en tes jours de joie ou de tristesse. Il s’émeut de tes espoirs et de tes tentations. Il prend part à toutes tes anxiétés, à tous tes souvenirs, à tous les hauts et les bas de ton humeur.

Il a vraiment compté les cheveux de ta tête, les coudées de ta taille. Il t’entoure et te porte dans ses bras, il te soulève et te pose à terre.

Il lit sur ton visage le sourire ou les larmes, la santé ou la langueur.

Il regarde avec tendresse tes mains et tes pieds, il écoute ta voix, le battement de ton cœur, le souffle de ta respiration.

Tu ne peux t’aimer mieux qu’il ne t’aime.

Un message libérateur

Personne, soleil et montagnesNous craignons tous de ne pas être compris. Cette crainte peut nous amener à jouer un rôle ou à porter un masque afin de nous protéger, de rechercher l’approbation d’autrui ou de nous complaire en nous-mêmes.

De plus, trop de personnes se sentent seules ou ignorées, sans personne à qui confier leurs joies ou leurs peines.

L’Évangile nous apporte un message libérateur : nous n’avons aucunement besoin de masque face à Dieu, car il nous connaît déjà, il nous comprend et nous accepte. L’amour de Dieu est bienveillant et créateur.

Si Dieu voit et sait toutes choses, c’est toujours à la lumière de son amour infini, car Dieu est Amour (1 Jn 4,8).

Des personnes témoignent du regard bienfaisant de Dieu

Prophète Sophonie (3,17-18)

Le prophète Sophonie témoigne d’un Dieu qui nous regarde avec amour et délectation. Dieu se réjouit de notre présence au point tel qu’il danse de joie pour nous.

Yahvé ton Dieu est au milieu de toi, héros sauveur!
Il exultera pour toi de joie
Il te renouvellera par son amour;
Il dansera pour toi avec des cris de joie, comme aux jours de fête.

Prophète Osée

Le prophète Osée a compris que Dieu désirait notre amour, car nous avons du prix à ses yeux. Sans jamais s’imposer, tel un amoureux, Dieu cherche à nous exprimer son amour et à susciter le nôtre.

C’est pourquoi je vais la séduire,
la conduire au désert
et parler à son cœur.
(Os 2,16)

Je te fiancerai à moi pour toujours,
je te fiancerai à moi dans la justice et dans le droit,
dans la tendresse et la miséricorde.
Je te fiancerai à moi dans la fidélité,
et tu connaîtras Yahvé.
(Os 2, 21-22)

Psaume 32 (18-19)

Le psalmiste exprime la conviction que Dieu désire que nous vivions.

Voici, l’œil de Yahvé est sur ceux qui le craignent,
sur ceux qui espèrent son amour,
pour préserver leur âme de la mort
et les faire vivre au temps de la famine.

Psaume 79

À trois reprises, le psalmiste demande à Dieu « qu’il fasse luire sa face afin que nous soyons sauvés ». Nulle crainte de Dieu, mais la certitude que Dieu nous prêtera secours.

Psaume 139 (13-15)

Pour le psalmiste, le regard vivifiant de Dieu se fait très intime. L’amour de Dieu nous a appelés à l’existence.

C’est toi qui m’as formé les reins,
qui m’as tissé au ventre de ma mère;
je te rends grâces pour tant de prodiges :
merveille que je suis, merveille que tes œuvres.

Mon âme, tu la connaissais bien,
mes os n’étaient point cachés de toi,
quand je fus façonné dans le secret,
brodé au profond de la terre.

La bienheureuse Béatrice de Nazareth

Dieu compatit à ce que nous vivons.

Apprends-moi, mon Dieu, à prier,
Tu vois tout,
Tu entends tout,
Tu sais tout,
tout ce qui me touche te touche
et tu partages tout ce que je vis,
car tu es mon compagnon et mon bien-aimé.
Pour toi rien n’est caché,
ton amour pour moi est lumière,
Et c’est dans cette lumière que tu vois tout.

Romano Guardini

Vivre du regard de Dieu.

Sans cesse je me reçois de tes mains.
C’est là ma vérité et ma joie,
sans cesse tes yeux sont posés sur moi
et je vis de ton regard,
toi, mon créateur et mon salut.
Apprends-moi, dans le silence de ta présence,
à saisir le mystère que je suis,
et que j’existe par toi, devant et pour toi.

Se nourrir du regard de Dieu

À l’instar d’un couple d’amoureux qui témoignait à une session de Marriage Encounter combien l’un et l’autre se sentaient plus grandis par le regard de l’autre que par son propre regard, ainsi en est-il du regard de Dieu sur nous.

« Aimer, c’est révéler à l’autre sa propre beauté. » (Jean Vanier)

Saint Ignace de Loyola conseillait de débuter chaque prière par la méditation du regard de Dieu sur nous.

Nourris par ce regard aimant, nous pouvons …

  • … exposer toutes choses : nos bons comme nos moins bons coups, nos forces comme nos faiblesses.
  • … oser être vrai afin de demander l’aide de Dieu.

ConversationDemander la grâce de nous tenir en présence du regard de Dieu, sans peur.

Il est de fait possible que nous ayons à surmonter une crainte négative de Dieu en raison de notre éducation.

Ne pas étouffer tout ce qui peut monter à notre conscience, mais simplement l’accueillir en le confiant et en le partageant à Dieu.

Pouvoir se confier en toute honnêteté à Dieu est un gage de santé spirituelle.

Au cœur de cette prière, il y a simplement ceci : Dieu me regarde avec amour et délectation, il se réjouit de ma présence.

Les bienfaits du regard de Dieu

Quand nous sommes désemparés, c’est un grand réconfort de savoir qu’il existe un Amour créateur qui tout en sachant tout de nous, ne nous abandonnera jamais.

Alors que nous pouvons tantôt nous surestimer, tantôt nous sous-estimer, tantôt nous décourager, tantôt nous acclamer, le regard aimant de Dieu nous donne conscience de notre véritable valeur.

Ce regard nous procure un sentiment de sécurité qui nous permet de dépasser nos limites, enrichissant ainsi notre existence et celle des autres par le biais de nos talents et nos capacités.

Il est salutaire de demeurer sous le regard de Dieu.

Nous pouvons notamment nous inspirer des témoins qui ont goûté ce regard bienfaisant.

Terminons par un témoignage de Anthony de Mello, s.j. :

Mes relations avec le Seigneur étaient assez bonnes. Je lui demandais des choses, conversais avec lui, chantais ses louanges, lui rendais grâce. Mais tout le temps j’avais la sensation désagréable qu’il voulait que je le regarde dans les yeux… et je n’osais pas. Je lui parlais, mais j’évitais son regard, dès que je sentais qu’il me fixait.

J’évitais toujours son regard. Et je savais pourquoi : j’avais peur! Je craignais d’y découvrir une accusation pour quelque faute non regrettée; je croyais y découvrir quelque exigence ou une chose qu’il attendait de moi.

Un beau jour, je pris mon courage à deux mains et regardai !

Il n’y avait aucune accusation, aucune demande. Les yeux disaient simplement : « Je t’aime. » Je fixai longuement ces yeux, je les scrutai. Mais toujours l’unique message était : « Je t’aime. » Puis, comme Pierre, je sortis et je pleurai.

Comme un chant d’oiseau, Desclée de Brouwer, Paris, et Bellarmin, Montréal, 1984, p. 123.

Le regard de Jésus (chant de Noël Colombier)

La communion de Jésus à son Père lui donnait une sécurité affective qui le rendait capable de nouer des liens d’amitié de qualité et de vivre des rapports humains basés sur la vérité.

L’Évangile montre à maintes reprises comment Jésus cherchait à faire naître le meilleur chez les personnes qu’il rencontrait.

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