De Saul à Paul

Imprimer

Sur le chemin de Damas, Paul est renversé quand il découvre qu’il a été aimé gratuitement au point tel que quelqu’un ait donné sa vie pour lui. Cette révélation désarmera le persécuteur qu’il était. De plus, réfléchissant à son ancienne vie de pharisien zélé, Paul constate que la loi, à elle seule, est incapable de changer le cœur des hommes. Le nouveau sens à la vie de Paul sera de vivre en communion avec le Ressuscité, le « Juste par excellence ».

Cet article a été rédigé à partir de l’ouvrage « Le secret de Saint-Paul » (p. 5-59) de José Prado Flores, Éditions des Béatitudes, 1999, 201 p.


Le pharisien de Tarse

Saul était un homme d’un seul tenant, sans demi-mesure ni compromis.

Ce pharisien de Tarse, en Cilicie, s’estimait tellement juste et meilleur que les autres qu’il devenait intransigeant avec tous.

Il ne tolérait aucunement la différence et il n’acceptait surtout pas que les disciples d’un certain Jésus affirment que le salut ne dépend pas de l’observance de la Loi de Moïse.

Pour Saul, admettre cette hérésie équivalait à remettre en cause le choix d’Israël, ainsi que l’Alliance sur le Sinaï où Yahvé avait révélé sa volonté pour le salut de son peuple.

Il fallait donc anéantir la secte nuisible des disciples de Jésus.

Saisi par le Christ

Il s’agit pour moi de connaître le Christ, d’éprouver la puissance de sa résurrection et de communier aux souffrances de sa passion, en devenant semblable à lui dans sa mort, avec l’espoir de parvenir à la résurrection d’entre les morts. Certes, je n’ai pas encore obtenu cela, je n’ai pas encore atteint la perfection, mais je poursuis ma course pour tâcher de saisir, puisque j’ai moi-même été saisi par le Christ Jésus. (Ph 3,10-12)

C’est sur le chemin de Damas où Saul se proposait d’attaquer des chrétiens qu’il sera surpris et saisi par le Christ :

Comme il était en route et approchait de Damas, soudain une lumière venant du ciel l’enveloppa de sa clarté.
Il fut précipité à terre; il entendit une voix qui lui disait : « Saul, Saul, pourquoi me persécuter? »
Il demanda : « Qui es-tu, Seigneur? » La voix répondit : « Je suis Jésus, celui que tu persécutes. »
(Ac 9,3-5)

Ce Jésus que l’on avait crucifié, car on l’avait jugé comme étant un faux prophète, voilà que Paul découvre qu’il est le Messie qui avait l’approbation de Dieu.

Chemin vers la lumièreDe fait, la résurrection du crucifié est le signe par excellence du « Oui » du Père à l’endroit de la vie et du message de Jésus de Nazareth.

Plus tard, Saul devenu Paul dira de façon apologétique : « Ce n’est pas non plus d’un homme que je l’ai reçu ou appris, mais par révélation de Jésus Christ. » (Ga 1,12)

Le fondement du ministère de l’Apôtre Paul repose sur sa rencontre avec le Ressuscité.

Paul est renversé quand il découvre qu’il a été aimé gratuitement au point tel que quelqu’un ait donné sa vie pour lui. Cette révélation désarmera le persécuteur qu’il était.

L’apparition sur le chemin de Damas deviendra le centre et le sens de la vie du nouvel apôtre :

En effet, pour moi, vivre c’est le Christ. (Ph 1,21a)
Je vis, mais ce n’est plus moi, c’est le Christ qui vit en moi. Ce que je vis aujourd’hui dans la chair, je le vis dans la foi au Fils de Dieu qui m’a aimé et s’est livré lui-même pour moi. (Ga 2,20)

Nouveau visage de Dieu / Nouveau visage du salut

Le pharisien de Tarse devra relire les Écritures à la lumière de cette clarté venue du ciel.

Nouveau visage de Dieu

La connaissance de Jésus-Christ conduira Paul à changer sa manière de voir Dieu.

Yahvé, le Dieu plutôt distant de la religion juive, se révèle comme étant le Père de notre Seigneur Jésus-Christ de même que « Notre Père ».

Plus encore, en Père bon, proche et généreux, nous pouvons désormais l’appeler « Abba » (« Papa »).

Le Dieu révélé en Jésus-Christ n’est pas un juge derrière une caisse enregistreuse, additionnant et retranchant pour rémunérer chacun selon ses œuvres.

Il est plutôt un Père débordant d’amour et de miséricorde qui accomplit la promesse d’héritage qu’il a faite à l’être humain par un don libre et gratuit.

Il ne s’agit donc pas d’un Dieu débiteur qui doit rétribuer les bonnes œuvres, mais d’un Dieu donneur et généreux, qui accorde gratuitement le salut. (p. 45)

Nouveau visage du salut

Dans la mentalité juive, le salut provient de l’accomplissement de la loi.

Réfléchissant à son ancienne vie de pharisien zélé, Paul constate que personne ne peut observer la loi dans son intégralité.

Il constate de plus que la loi, à elle seule, est incapable de changer le cœur des hommes.

L’être humain est en manque d’être en quelque sorte. Ceci, Paul le répétera à ceux qui tentent d’imposer la loi aux autres (cf. Rm 4,1-25) et il insistera très clairement sur ce point dans son discours aux Juifs d’Antioche de Pisidie (cf. Ac 13,38).

Saint Paul découvrira qu’il a besoin de la grâce de Dieu, ce don gratuit de Dieu, et que plus précisément il a besoin de vivre en communion avec le Ressuscité qui est le « Juste par excellence ».

« Une seule chose compte : oubliant ce qui est en arrière, et lancé vers l’avant, je cours vers le but en vue du prix auquel Dieu nous appelle là-haut dans le Christ Jésus. » (Ph 3,13b-14)

Ce que ce pharisien « juste » ne pouvait obtenir par son effort personnel, Jésus le fera par Lui et en Lui. (p. 42)

Vivre de la Vie du Ressuscité, voilà le cœur de la foi chrétienne.

Il ne s’agit pas d’une nouvelle croyance en quelque chose, mais d’une relation vivante avec Quelqu’un.

Paul affirme donc : « Je sais en qui j’ai cru, et j’ai la conviction qu’il est assez puissant pour sauvegarder, jusqu’au jour de sa venue, le dépôt de la foi qu’il m’a confié. » (2 Tm 1,12b)

Cela amènera l’apôtre à abandonner les idoles avec leurs fausses promesses de vie et de bonheur ainsi qu’à mourir à tout ce qui détourne de la vie dans l’Esprit du Ressuscité.

Retour en haut