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Recommencer à aimer, à espérer, à croire

Le champ du désir est aussi vaste que celui de l’espérance; il gagne du terrain sur le rêve. Quand je désire, je suis tendu vers l’avant, vers le futur que je pressens, que j’intuitionne, vers ce qui me manque pour combler un vide.

Le désir est comme un vœu, un souhait, comme une envie de posséder, d’entrer en relation ou encore d’offrir, de donner, de partager. Le désir me dépasse, il fait de moi un être qui aspire, qui convoite… Il m’ouvre sur l’infini, il fait de moi un être de l’Avent, de l’attente, de tension…

Qu’il est triste de ne plus désirer, de ne plus attendre, de ne plus rêver, de ne plus espérer! Il est beau, l’être qui désire d’un désir jamais comblé, d’une attente qui dure toujours, d’une espérance qui se soutient elle-même, qui cache des joies inédites, qui se livre en silence sans jamais s’épuiser, sans jamais se rassasier parce que le rassasiement finit toujours par décevoir.

Ma foi a la couleur de ce que je souhaite, de ce que je désire, de ce dont j’ai envie, de ce que je veux. Mon désir a les couleurs de mon espérance.

Homme, inspiration et liberté par Nico Smit (unsplash.com)Je désire la sainteté. Elle m’est promise. On m’y appelle. Être un saint, c’est le devenir de jour en jour, à force de recommencer à aimer, à espérer, à croire.

Dieu me sauve quand j’espère sa venue. Dieu me sauve quand je crois en sa présence. Dieu me sauve quand j’aime, quand je crois, quand j’espère parce qu’à travers ma foi, mon amour, mon espérance, le Verbe se fait chair et il habite parmi nous.

Rien n’est absolument sauvé en moi, rien n’est totalement sanctifié en moi tant que ma liberté n’accueille pas librement celui qui se fait chair. Rien n’est accompli totalement tant que mon cœur ne décide pas d’aimer librement; tant que mon corps n’accueille pas les transformations de l’amour de Dieu qui transfigure.

L’espérance, avec l’amour qu’elle promet, n’a pas de saveur tant qu’on n’a pas saisi sous tous ses aspects la miséricorde d’un Dieu infiniment bon, d’un Dieu qui ne peut qu’aimer.

La miséricorde de Dieu me permet de vivre de mes rêves, de mes désirs, de mes souhaits… Ah, qu’elle est belle cette miséricorde qui me permet de pénétrer au cœur de la bonté du mystère de Dieu! Il n’y a que la miséricorde qui rend contagieuse l’espérance.

Comment peux-tu justifier ton espérance sans dire les raisons qui t’amènent à croire? Comment peux-tu expliquer le don de la foi que tu as reçu sans falsifier la gratuité de Celui qui t’a fait ce don? Je ne peux pas expliquer les raisons de mon espérance ou celles de ma foi, mais je sais que l’espérance et la foi font vivre, me rendent heureux, donnent un sens à ma vie. L’espérance s’enrichit en espérant. La foi s’enrichit en croyant. C’est simple, mais la prière anime mon espérance et ma foi. L’amour aussi s’enrichit en aimant.

Je sais en qui j’ai mis mon espérance; je crois en ce que j’espère parce que Dieu demeure en relation créationnelle avec l’homme qu’il invente et crée quotidiennement, parce qu’il continue d’habiter parmi nous. Il ne cesse de se faire chair au milieu de nous quand l’amour rassemble, vivifie, sauve, donne la vie, ressuscite ce qui meurt.

Alors, n’écrase pas tes désirs, n’étouffe pas tes espérances, ne renie pas tes rêves… Je crois en ce que j’espère ou j’espère en ce que je crois!

Source :
Voix du sanctuaire 2022 (PDF).


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