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Il fait en moi de grandes choses

Marie fut plus heureuse de recevoir la foi au Christ que de concevoir la chair du Christ… Elle était plus heureuse de porter le Christ dans son cœur que de le porter dans sa chair.

La Pietà (Michel-Ange)Ces paroles de saint Augustin font écho aux paroles qu’échange une femme avec Jésus (en Lc 11,27-28) :

« Heureuse la mère qui t’a porté dans ses entrailles et qui t’a nourri de son lait. Jésus riposte aussitôt : « Heureux plutôt ceux qui entendent la Parole de Dieu et qui la gardent! »

La beauté de Marie lui vient de sa foi. Marie est belle, non parce qu’elle a donné naissance à Jésus, mais à cause de sa foi. Jésus est le fruit de sa foi! La foi de Marie m’interpelle concrètement. « Qui sont mes frères, mes sœurs, ma mère? Ce sont ceux qui font la volonté de mon Père » (Mt 12,50). Je suis le frère, la sœur, la mère de Jésus si je fais la volonté du Père!

Pour qu’un sermon sur la Sainte Vierge me plaise et me fasse du bien, dit sainte Thérèse de Lisieux, il faut que je voie sa vie réelle, pas sa vie supposée; et je suis sûre que sa vie réelle devait être toute simple. On la montre inabordable, il faudrait la montrer imitable, faire ressortir ses vertus, dire qu’elle vivait de foi comme nous, en donner des preuves par l’Évangile où nous lisons : « Ils ne comprirent pas ce qu’il leur disait » (Lc 2,50). (Carnet jaune de Mère Agnès, 21/08/03)

À travers tous les événements de la vie de Marie, de l’Annonciation à la Pentecôte, la Parole du Père, le Verbe de Dieu prend chair progressivement dans le « oui » de cette femme. Il y a mûrissement de ce « oui », lente croissance de ce  « oui » dans les entrailles de Marie.

Le « oui » de Marie prend visage de Jésus en son sein, visage du Christ en son cœur! Sa mission se précise à travers les événements qui marquent son itinéraire d’épouse et de mère. Marie a vécu toutes les étapes d’une vie normale qui se déroule dans l’histoire d’un pays.

Il fallait à Marie l’espace du temps, mesuré par la durée, pour vivre tous les événements. Progressivement son cœur émerveillé s’ouvrait à la réalité de sa mission à mesure que les événements se présentaient.

Marie avait-elle rêvé de vivre sa vie avec un époux et un enfant comme épouse et mère? L’appel de Dieu est radical. Il touche la racine de l’être. Il demande une réponse radicale. La réponse que l’on donne oblige librement à un style de vie particulier. Un appel radical demande un changement radical. « Comment cela va-t-il se faire, je ne connais point d’homme? » Le trouble de Marie, son inquiétude, son hésitation, sa crainte la fait plus belle et la rendent encore plus près de nous.

Au cœur de son peuple, Marie espérait qu’un jour se réaliserait la promesse du Père. Quelle ne fut pas sa surprise d’apprendre qu’elle, Marie, était celle qui, au milieu des siens, était choisie pour donner un visage à cette promesse! Elle n’avait pas tout compris le sens de la salutation de l’ange! C’est dans son ventre, enveloppé par l’Esprit, que notre Dieu vient jusqu’à nous en Jésus! « Je suis la servante du Seigneur, que m’advienne ce que tu veux! »

À partir de ce moment, Marie savait qu’une grande mission l’attendait. Mais comment devait-elle vivre cette mission? Comment ce projet divin prendrait-il forme en elle, au cœur de sa propre liberté? D’espérance en espérance, Marie marchait le long chemin humain de la maternité. Elle savait et ne savait pas. Elle espérait de tout son être. Son itinéraire intérieur s’inscrit dans un cadre humain et historique.

Son pèlerinage dans la foi est vécu dans l’histoire d’une femme attentive qui, en union avec le Christ, répond librement et joyeusement à l’appel de Dieu. Marie prend conscience que c’est Dieu qui prend toujours l’initiative, qui fait les premiers pas. « Ce n’est pas vous qui m’avez choisi, mais c’est moi qui vous ai choisi » (Jn 15,16).

Progressivement s’accomplit en Marie la bénédiction prononcée par Élisabeth :

« Bienheureuse celle qui a cru à l’accomplissement de ce qui a été dit de la part du Seigneur » (Lc 1,45). Marie émue, tout émerveillée, dira : « Le Seigneur fait en moi de grandes choses, saint est son nom! » (Lc 1,49).

Petite chuteNotre vie, comme celle de Marie, est transfigurée par tout ce qui nous émerveille, tout ce qui nous enchante. On devient ce que l’on admire. Entends-tu la voie de Dieu qui te parle à travers la beauté du monde et de la vie? Relis ton histoire et mets-toi à l’écoute des confidences  de Dieu comme Marie. Dieu en toi, au-dedans de toi qui t’attend et te donne rendez-vous.

Sois attentif à la vie qui passe, aime cette vie en toi et dans les autres, donne-lui les couleurs de l’amour, de la fraternité et de la communion. Laisse-le entrer dans ton cœur, laisse-lui une place, un tout petit espace et sa beauté transfigurera ta vie. « Dieu, pourrait-on dire, c’est quand on s’émerveille » (Zundel), comme la Vierge Marie!

On peut être riche, on peut avoir reçu tous les dons, mais si on ne sait pas s’émerveiller on est pauvre et voué à la tristesse. Émerveille-toi de ce que le même Esprit qui a bouleversé la vie de Marie est à l’œuvre en toi.

« Le Christ est parti loin de nos yeux afin que nous, nous revenions à notre cœur et l’y trouvions ». « Quand nous cherchons le Christ, écrit Paul VI, vraiment là où il est, dans le ciel, nous voyons son reflet, nous le sentons palpiter dans notre être. » « Il est là plus intime que le plus intime de nous-même, l’ineffable, l’indicible, dans la profondeur de nos profondeurs » (Augustin).

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