La liberté : un don et une conquête tout à la fois

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Nous devenons père de notre vrai moi par nos choix. Nous avons en nous une profonde envie de relever des défis et de nous dépasser. Fondamentalement, la liberté est au service de notre capacité d’aimer et de notre humanisation.

Cet article a été rédigé à partir de l’ouvrage « Freedom beyond freedom » (p. 71-149) par Henri Boulad s.j., Éditions Jésuites, Caire, Égypte, 2008, 189 p.


Dire « oui » à la vie

Homme à la croisée de chemins Être libre signifie devenir soi-même.

Nous devenons père de notre vrai moi par nos choix.

Chaque personne se crée par le biais des possibilités qu’elle trouve en elle et par les décisions qu’elle fait.

Vivre c’est choisir.

Vivre pleinement, c’est renoncer à ce qui nous déshumanise et prendre le chemin de la vie.

La liberté de dire « oui » à la vie :

Je mets devant toi la vie ou la mort, la bénédiction ou la malédiction. Choisis donc la vie. (Dt 30,19b)

Moi, je suis venu pour que les brebis aient la vie, la vie en abondance. (Jn 10,10b)

C’est cela justement que les chrétiens n’ont pas compris, qu’ils n’ont peut-être jamais compris, c’est que le Christ avait apporté au monde le sens même de la liberté. Désormais, ce qui compte, ce ne sont plus les empires, les mouvements de peuples, c’est ce qui se passe dans une conscience. (Maurice Zundel, Je parlerai à ton cœur, p. 54)

La conquête de notre liberté n’est pas chose facile.

La vie nous appelle à faire de nombreux choix, jour après jour, et à nous engager pour le meilleur :

La liberté est une vocation, elle demande courage et engagement. (Henri Boulad)

Se dépasser sans cesse et toujours, c’est cela l’âme. (Maurice Zundel, Ton visage ma lumière, p. 32)

La liberté n’est pas un privilège, elle est une charge, un fardeau. (Pierre Lecompte de Noüy)

Mes décisions et mes actions ont un impact sur mon monde intérieur comme sur le monde extérieur. (Henri Boulad)

La liberté, comme la vie, est un risque

AlpinisteQue vais-je risquer? Que vais-je décider? Quel combat vais-je mener?

La pire vie est celle qui ne risque rien.
(Fabrice Midal, Reprenez votre vie en main, Édito, 2019, p. 51)

Quel projet, quel rêve, quel idéal saura canaliser mes énergies?

Quelles sont les valeurs auxquelles je vibre tout particulièrement?

Il y a en nous un amour, un désir, qui est plus grand que la peur de l’échec.

Nous avons en nous une profonde envie de relever des défis et de nous dépasser.

Savoir me mettre à l’écoute de ce qui me passionne, c’est aussi cultiver l’optimisme plutôt que le défaitisme.

Votre vie a-t-elle pris conscience de son immensité? Avez-vous retenu que vous êtes unique, chacun d’entre vous, et que chacun de vous est indispensable à l’équilibre du monde? Car chacun de nous est irremplaçable. (Maurice Zundel, Vie, mort et résurrection, p. 104)

La liberté va de pair avec la confiance en son potentiel et en sa capacité de l’actualiser :

  • Je peux vivre mes rêves.
  • La vie m’a donné des dons et des compétences.
  • Je peux surmonter les obstacles.
  • Je suis digne d’amour.
  • Je choisis d’espérer dans le succès plutôt que de me laisser paralyser par la peur de l’échec.
  • Je choisis d’être positif plutôt que négatif.
  • Je suis résolu à devenir la meilleure version de moi-même.
  • Je ne me laisserai pas définir par les circonstances.
  • Je suis responsable de créer la vie que je désire.

Le but de la liberté

Pissenlit dans le ventLa liberté n’a pas d’autre but que d’aimer véritablement.

Liberté et amour se donnent la main.

J’ai besoin de liberté afin d’être capable d’aimer et devenir pleinement humain.

L’amour est le résultat d’un choix libre.

L’amour vient du latin diligere qui veut dire « avoir une prédilection », « sélectionner », « choisir ».

Je ne peux aimer sans au préalable choisir d’aimer.

Dieu est l’être libre par excellence

Dieu est libre, car il sait se donner.

Il s’engage en créant le monde, en s’incarnant et en aimant l’être humain.

Par le don de la grâce et ses choix personnels, le chrétien (comme tout être humain) est appelé à entrer librement dans la vie de Dieu.

En union avec le Christ, il est appelé à grandir, jour après jour, en liberté, en humanité et en don de soi :

La liberté, c’est le pouvoir de se donner. (Maurice Zundel, Ton visage ma lumière, p. 29)

L’être humain est appelé à la grandeur, mais cette grandeur ne s’accomplit que dans la désappropriation, la rencontre et le don. (Marc Donzé, Prier 15 jours avec Maurice Zundel, p. 17)

La liberté d’être attentif aux autres, de leur montrer de l’intérêt et de la compréhension :

Ce qui nous fait vivre ou mourir, c’est de sentir ou de ne pas sentir autour de nous l’âme des autres. (Maurice Zundel, Recherche du Dieu inconnu, p. 24)

Aimer, ce n’est pas exister seulement pour soi :

Ma liberté est essentiellement liée à mon appel à vivre en communion avec les autres et à vouloir cette communion. (Henri Boulad)

Puiser à la Source afin d’être libre

Comme l’affirme le curé d’Ars, « la plus grande tentation est celle du découragement. »

PaysageS’il est vrai que Dieu a remis notre vie entre nos mains, il est encore plus vrai d’affirmer que nous avons un Père et que nous ne sommes pas orphelins.

S’il est vrai que Dieu compte sur nous, il est encore plus vrai d’affirmer que nous pouvons compter sur Lui :

Demandez, on vous donnera. (Mt 7,7a)

Il est étonnant de constater que des personnes que nous considérons avoir une volonté très forte et même carrément au-dessus de la moyenne tenaient pourtant, selon leur propre témoignage, leur capacité d’un Autre.

Saint Paul

C’est pourquoi j’accepte de grand cœur pour le Christ les faiblesses, les insultes, les contraintes, les persécutions et les situations angoissantes. Car, lorsque je suis faible, c’est alors que je suis fort. (2 Co 12,10)

Je peux tout en celui qui me donne la force. (Ph 4,13)

Pour moi, vivre c’est le Christ. (Ph 1,21a)

Thérèse de Lisieux

Thérèse ne s’appuie pas sur ses uniques forces pour pratiquer les vertus.
Elle a conscience de sa finitude qui n’est pas due à un quelconque complexe d’infériorité ou à une mauvaise image d’elle-même.
Il s’agit d’offrir au Christ la pauvreté radicale de notre être, de ne rien garder pour nous-mêmes, même et surtout nos péchés.
« Seigneur, établis-moi dans une vraie humilité pour discerner ta force dans ma faiblesse, ta puissance dans mon impuissance. »
(Jacques Gauthier, La petite voie avec Thérèse de Lisieux, Novalis, 2018, p. 47-48 et p. 52)

Il importe qu’à l’instar de Saint Paul, Thérèse de Lisieux, Maurice Zundel, le père Boulad et bien d’autres, de se donner des temps de prière et de silence afin de devenir « à l’image de tous ces hommes et de toutes ces femmes qui savent offrir un espace d’accueil, où se donne un amour gratuit qui vient d’au-delà d’eux-mêmes. » (Marc Donzé, Prier 15 jours avec Maurice Zundel, p. 27)

Le silence est fécond. « Il y a quelque chose de magique dans le silence. » (Henri Boulad)

Le silence …

  • … permet d’écouter Dieu.
  • … est l’âme de tout apostolat.
  • … facilite le dialogue et le cœur à cœur avec Dieu et tout être humain.
  • … favorise la rencontre de Celui qui est la source de la valeur, de l’esprit, de la liberté et de la générosité. (Marc Donzé, Prier 15 jours avec Maurice Zundel, p. 18)

Concluons par cette parole admirable de Maurice Zundel :

Notre liberté, c’est notre libération. Il n’y a pas de liberté tant que nous sommes emprisonnés dans nos déterminismes et nos préfabrications et l’ennemi le plus terrible de notre liberté est en nous-mêmes. Ce ne sont pas les autres qui sont le plus grand obstacle à notre liberté, c’est nous-mêmes. Reconnaître l’infini en nous et nous conformer à son appel, c’est cela nous libérer. (Maurice Zundel, L’Humble Présence, p. 34)

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